BLOGUE – Un Québec qui ne se souvient plus

Par Julie Hébert

J’ai vu hier quelque chose d’absolument effroyable.

Quelqu’un citait Gaston Miron. « Je ne suis pas revenu pour revenir, je suis arrivé à ce qui commence ». En parlant de Pierre Karl Péladeau. Il faudrait qu’on m’explique, d’abord, d’où revient Pierre Karl Péladeau, lui qui n’a jamais levé le poing en l’air pour « faire du Québec, un pays! » avant mars 2014. Il faudrait qu’on m’explique, ensuite, que commence Pierre Karl Péladeau, aux lendemains de son élection à la tête du Parti Québécois. Le pays? Avec son plan secret qui n’a toujours pas été dévoilé? Bref, passons.

Aujourd’hui, lundi précédant le 25 mai, c’est au Québec ce que l’on appelle, depuis 2002, la Journée nationale des Patriotes. Ces Patriotes que l’on associe, trop souvent et trop à tort, au désir d’indépendance des Québécois. Ces Patriotes, dont on oublie qu’il y avait aussi des ressortissants Canadiens anglais qui réclamaient la même autonomie politique que leurs homologues Canadiens français.

J’ai pris le temps de regarder défiler les commentaires à propos de la journée fériée. Beaucoup de photos de drapeaux vert-blanc-rouge et de citations de François-Marie-Thomas Chevalier de Lorimier ont plu tout au long de la journée, avec une prépondérance de la désormais célèbre dernière phrase de son testament politique : « Vive la liberté! Vive l’indépendance! »

Plus la journée avançait, plus je ressentais un malaise face à cet épanchement collectif formulé parfois en 140 caractères, parfois en 1 400 mots. Ce qui me frappait, c’était le manque de substance, le manque d’analyse. Mes cours d’Histoire sont un peu loin et je ne jette le blâme sur personne, loin de là, mais il me semble bien que l’on m’a appris que les Patriotes du Bas-Canada ne revendiquaient pas, en 1839, l’indépendance du Bas-Canada, qui ne s’appelait même pas encore Québec à l’époque. Les Quatre-vingt-douze Résolutions des Patriotes ne mentionnent que l’atteinte d’un gouvernement responsable, pas son autonomie face à Londres, ni même face au Haut-Canada…

Je me suis dit que le Québec avait probablement un problème de mémoire. Que la récupération politique m’indisposait. Puis, je me suis rappelée Miron, moi aussi, mais de façon différente :

Nous ne serons jamais plus des hommes…

Si nos yeux se vident de leur mémoire…

Québec, avant de citer hors-contexte… Ne devrions-nous pas essayer de comprendre d’où l’on vient réellement? Ne devrions-nous pas, avant de mettre quelques mots d’un poète ou d’un Patriote sur Facebook et Twitter, nous assurer d’en comprendre le sens profond et le message initial?

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. D R (Harry) Harrison dit :

    Super ton blogue, félicitations!

    J'aime

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